Un nouveau chapitre de la carrière de Vince Carter, aujourd’hui à Atlanta.

Avec l’officialisation de son arrivée aux Hawks d’Atlanta pour un « one year veteran minimum contract », Vince Carter poursuit sa route. Loin d’être rassasié, Vinsanity rempile pour une 21ème saison. La fin de carrière, ce n’est pas pour tout de suite.

Il est de ces joueurs qui ont marqué à jamais la NBA. A bientôt 42 ans, Vince Carter s’est trouvé un nouveau défi et va connaître la huitième équipe de sa carrière, devenant par la même occasion le plus vieux joueur en activité. Après l’annonce de Manu Ginobili de se retirer des parquets, il fait partie des derniers dinosaures avec Dirk Nowitski à avoir commencé avant 2000. Une légende. Bien sûr, les capacités athlétiques de l’ancien Raptor et Net se sont quelques peu estompées mais ne vous inquiétez pas pour lui, Air Canada en a encore sous le pied, ou plutôt dans les ailes qu’il déploie de temps à autres. Motivé comme à ses débuts, Vince Carter entend bien apporter sa patte et son expérience en Géorgie.

« J’ai le mental d’un jeune joueur avec le corps d’un homme de 40 ans »

Vince Carter défiait déjà les lois de la gravité à North Carolina, comme un certain Michael Jordan…

41 ans et 21ème saison NBA

« Je sais que jouer à ce jeu avec les médias, les fans et les gens, ça peut être cruel. Je peux m’attendre à des ‘Tu es vieux, et tu joues contre des gars qui ont la moitié de ton âge. Tu ne devrais pas être ici.’ Mais en ce qui me concerne, c’est mon but, prouver que je suis capable de faire ça. Et je travaille beaucoup, que ce soit physiquement ou mentalement pour bien me préparer », annonçait-il à NBC sports. Né le 26 janvier 1977 à Daytona Beach où la course automobile est reine, le dragster a d’abord fait ses classes en Caroline du Nord avec les Tar Heels. Avec pas moins de 103 matchs en NCAA et 15,6 points la dernière année, l’arrière tonitruant est naturellement choisi en 5ème position par les Warriors de Golden State. Il est directement échangé aux Raptors de Toronto. C’est un avion de chasse qui débarque au Canada. Et les résultats ne se font pas attendre bien longtemps. Rookie de l’année en 1998-99 avec 18,3 points, 5,7 rebonds et 3 assists, Air Canada fera les beaux jours des Raptors pendant sept ans (avec une saison 2000-01 à 27,6 points) avant de rejoindre les Nets. Même si les statistiques sont naturellement en baisse depuis dix ans, Vince Carter n’a rien perdu de sa grinta. 8 fois Allstar, le célèbre numéro 15 s’apprête à entamer sa 21ème saison.

The Highlight man alive

Nous avons sans doute devant nos yeux le plus grand dunkeur que la NBA ait connu. Prenez le air time de MJ, ajoutez la puissance de Dominique Wilkins et saupoudrez le tout de l’esthétisme de Kobe. Du Vince Carter dans le texte. Tout basketteur qui se respecte ne peut qu’acquiescer devant un tel phénomène athlétique. Vinsanity, Air Canada ou encore Half Man Half Amazing ne sont pas des surnoms usurpés. Déjà à l’université, il envoyait tomar sur tomar avec les Tar Heels de North Carolina, comparé à un certain Michael Jordan passé auparavant par la même université. En 1998, il intègre les Raptors de Toronto. C’est le début de l’air mixtape avec des highlights toutes les semaines. Pour les plus jeunes d’entre vous qui ne connaissent pas le dunk sur Frédéric Weis aux JO de Sydney, rewind. Nous sommes le 1er octobre 2000, la France affronte les Etats-Unis en finale. Team USA, habituée à tout détruire sur son passage, se retrouve face à de bons Gaulois réfractaires… Il reste 16 min dans la deuxième mi-temps (et oui les matchs se déroulaient encore en 2×20 minutes) quand Vince Carter récupère un ballon et se précipite vers le cercle. Frédéric Weis, 2m18, se met tout de suite pour jouer le passage en force. Ce n’est pas graaaaaaave. Ni une ni deux, le joueur de Toronto grimpe littéralement sur le français, passant par dessus sa tête. Le plus gros dunk de tous les temps. La médaille d’or est presque anecdotique tant la violence de l’action est encore dans tous les esprits. Il faut rappeler qu’en février de la même année, le monde de la NBA a assisté à l’un des plus beaux concours de dunks. Tracy McGrady, Steve Francis et Vince Carter se tirent la bourre en arrachant les cercles tour à tour. Et c’est bien ce dernier qui en ressort vainqueur. « Je sentais que je pouvais dunker en touchant la lune […] Sur le dunk où je mets le coude dans l’anneau, mon but était de montrer jusqu’à quelle hauteur je pouvais sauter, puis simplement attendre avec le bras dans le panier et surprendre le public au point de le rendre silencieux. Ce soir là, je voulais montrer au monde entier de dont j’étais capable. »

LE plus gros dunk all of time.

« J’ai peur de ne pas être préparé pour la prochaine phase lorsque cela sera terminé. Maintenant que je me rapproche de la fin, peu importe quand ce sera, je veux être sûr que lorsque je fermerai cette porte et que je laisserai mes chaussures de basket au gymnase ou bien où je choisis de les laisser, je serai prêt pour la prochaine phase. »

Un papy flingueur en Géorgie

Même si Vince Carter n’a plus sa fougue d’antan, le pépère en a encore dans les jambes. Comme on le rappelait, ses stats sont forcément en baisse, avec un exercice 2017-18 avec 5,4 points, 2,6 rebonds en 17,6 min pour un bilan avec les Kings de 27-55. Qu’importe, l’important n’est pas là puisque l’on connaît déjà son rôle au sein des Hawks. Un statut important de patriarche, de mentor notamment envers Taurean Prince, John Collins et le petit nouveau Trae Young. A ce propos, le Rookie né en 1998 va donc côtoyer un joueur dont la carrière a commencé en…1998. Finement joué car la franchise essaie de se construire autour de ces trois jeunes joueurs. Autant être clair, Vinsanity n’est pas là pour écraser tout le monde mais faire profiter les jeunes de son expérience et rendre les autres meilleurs. Telle est sa tâche, si invisible soit elle. « Oui, je suis toujours la même personne. Mon approche est toujours la même. Mon éthique de travail, ma capacité pour jouer à ce jeu est toujours la même. Bien évidemment, c’est limité. Vous n’avez pas l’occasion de le voir beaucoup, mais il s’agit du même homme. » Pour autant, le mec n’est pas fini, loin de là. Regardez bien la saison cette année, vous apercevrez sûrement un petit dunk par ci par là, un gros contre ou un shoot du milieu du terrain. Vince Carter n’est clairement pas dans une chasse au titre et ne l’a jamais été. Certains l’ont fait et le font encore. Pas lui, jouant coûte que coûte, sans aucun titre mais sûrement avec plus de classe et de respect que d’autres avec leur bagouze.

Papy fait de la résistance pour notre plus grand bonheur. A l’instar de Robert Parish et de Kevin Garnett, Vince Carter entre définitivement dans la légende en abordant sa  21ème saison NBA. A bientôt 42 ans, celui qui a fait les beaux jours de Toronto nous réserve encore de belles surprises. La carrière de consultant pourra attendre un peu. Même si ce n’est pas l’homme d’une franchise, Vince Carter est toujours resté fidèle à ce qu’il incarne, pour l’amour du jeu. Seulement !

Mathieu Berujeau

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