En septembre dernier, l’Inde a dépénalisé l’homosexualité. Encouragée par cette décision historique, Dutee Chand a fait son coming-out. Elle est la première sportive indienne de haut niveau à se déclarer publiquement homosexuelle.

“Je suis dans une relation homosexuelle et je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit de mal à cela”. C’est avec ces mots, que Dutee Chand s’est confiée à l’AFP.

 Dépénalisation de l’homosexualité en Inde

En septembre dernier, la Cour suprême de Delhi prend une décision historique. La plus haute instance judiciaire du pays juge illégal l’article 377 du Code pénal. Cet article, qui datait de l’ère coloniale britannique, jugeait les relations homosexuelles comme “contre nature”. Jusque-là, les relations sexuelles entre deux personnes du même sexe étaient donc fermement condamnées.

Quelques mois après cette dépénalisation, c’est la sportive Dutee Chand qui assume publiquement son homosexualité. De son propre aveu, c’est cette décision politique qui lui a donné la force de s’assumer publiquement. Cependant, celle qui est née dans un village pauvre de l’Etat d’Odisha, dans l’Est de l’Inde, ne peut pas compter sur le soutien de sa mère. “Récemment, ma soeur a dit quelque chose à ma mère qui l’a amenée à s’opposer à cette relation et elle m’a grondée et menacée de me calomnier en public”, a expliqué la sprinteuse.

 Des objectifs sportifs bien en vue

 Même si elle est en couple avec une femme, Dutee Chand ne perd pas pour autant de vue ses objectifs sportifs : “Pour le moment, je me concentre sur ma carrière avec les Championnats du monde et les Jeux olympiques à venir. À l’avenir, après la fin de ma carrière sportive, si mon cœur me dit de rester avec elle, je le ferai”, a-t-elle ajouté. Dutee Chand est une sportive de haut niveau. En août 2018, durant les Jeux asiatiques en Indonésie, elle a remporté la médaille d’argent sur 100 m, en 11 s 32, puis la médaille d’argent sur 200 m, en 23 s 20.

Une hyperandrogénie qui fait débat

Si elle n’est pas inconnue du grand public, c’est également parce que son hyperandrogénie l’a propulsée sur le devant de la scène. En 2014, à cause de cet excès d’hormones sexuelles mâles, elle a été suspendue. L’année suivante, elle fait appel de cette décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) et obtient le droit de concourir à nouveau.

Elle a récemment apporté son soutien à Caster Semenya. L’athlète Sud-Africaine a été déboutée en mai dernier par le TAS de son action contre les règles de la Fédération internationale d’athlétisme obligeant les athlètes hyperandrogènes à faire baisser leur taux de testostérone.

Victoire Panouillet

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