Quelques années après Jacques Anquetil, le cyclisme mondial s’est trouvé un nouveau champion hors du commun. Celui-ci à un nom : Eddy Merckx ! Confronté à des coureurs de la trempe de Joop Zoetemelk, Lucien Van Impe, Raymond Poulidor ou Luis Ocana, le Belge aura marqué l’histoire du vélo. Retour sur l’incroyable carrière du “Cannibale”.

Spécialiste des classiques

Un grand champion est né le 17 juin 1945 dans le Brabant flamand. S’il a fallu attendre l’année 1965 pour voir Eddy Merckx faire son apparition chez les professionnels, il avait déjà marqué le monde amateur de son empreinte. Coureur extrêmement complet et talentueux, le Belge s’est tout d’abord révélé sur les courses d’un jour. Dès 1966, il remporte son premier Milan-San Remo et se classe à une prometteuse 4ème place de Paris-Nice. Un avant-goût de dix années somptueuses et prolifiques. En 1967, il décroche le titre de Champion du Monde sur route et vole de nouveau sur Milan-San Remo. Avant de se parer de succès sur Gand-Wevelgem et la Flèche Wallonne. Il accumule également les Top 10 sur d’autres grandes courses du calendrier comme Liège-Bastogne-Liège (2ème), le Tour des Flandres (3ème), le Tour de Lombardie, Paris-Roubaix, le Giro ou Paris-Nice. Il n’en fallait pas plus pour qu’Eddy Merckx devienne la nouvelle terreur du peloton.

L’année suivante, il remporte Paris-Roubaix mais fait davantage parler de lui sur les courses par étapes. Son palmarès se garnit ainsi de son premier Giro, du Tour de Romandie et du Tour de Catalogne. Un nouveau registre qui va contribuer à forger sa légende.

L’avènement dans les Grands Tours

En 1969, le Belge continue sa moisson de succès. Il remporte pour la première fois le classement général de Paris-Nice et le Tour des Flandres, et lève de nouveau les bras sur Milan-San Remo ainsi que sur Liège-Bastogne-Liège. Sa magnifique saison prend alors une drôle de tournure pendant le Tour d’Italie puisqu’après avoir triomphé sur quatre étapes et porté le maillot rose, il est exclu de la course après un contrôle positif. Blanchi quelques semaines plus tard au “bénéfice du doute”, Merckx s’envole sur le Tour de France où il devance son dauphin, le français Roger Pingeon, de plus de 18 minutes. De nouveau brillant sur les classiques en 1970, il en profite pour s’offrir son premier doublé Giro-Tour de France. Devant faire face à la montée en puissance de Luis Ocana, Eddy Merckx se montre encore intraitable dans la grande majorité des courses qu’il dispute. Il profite d’ailleurs de l’abandon d’Ocana lors du Tour de France 1971 pour remporter son troisième succès consécutif dans la compétition. Une histoire d’amour avec la Grande Boucle qui se confirme une nouvelle fois l’année suivante par un nouveau succès de prestige. Avec en prime un deuxième doublé Giro-Tour de France lors d’une même saison.

En 1973, “l’Ogre de Tervuren” change son programme. Sa campagne des classiques est de nouveau couronnée de succès. Dans la continuité, le Belge remporte sa première (et unique) Vuelta avant de glaner un nouveau succès sur le Giro, s’offrant le luxe de porter le maillot rose de leader de bout en bout. Fatigué, il décide faire l’impasse sur le Tour de France. Il repousse donc un historique quintuplé à l’année suivante. Affaibli par une pneumonie en début de saison, Eddy Merckx survole, avec huit succès, une Grande Boucle dépourvue de ses principaux adversaires. Il échoue néanmoins l’année suivante dans sa quête d’un sixième sacre, battu par Bernard Thévenet.  

Un palmarès hors du commun

Éreinté par dix années à plein régime, le Belge est maintenant sur le déclin. Il décide de ranger définitivement son vélo le 17 mai 1978 avec le sentiment du devoir accompli. En 13 années dans le peloton professionnel, “Le Cannibale” a remporté plus de 600 victoires (route et piste confondues). Un record! Avec cinq Tour de France, autant de Giro et une Vuelta, le champion Belge a régné sur les courses de trois semaines. S’il est battu par Anquetil au nombre de podiums (12 pour le Belge contre 13 pour le Français), Merckx peut largement se consoler avec ses dix-neuf monument et ses trois titres de Champion du Monde. Une polyvalence qui n’est pas prête d’être égalée et qui fait penser à bon nombre de spécialistes que le Belge est le plus grand coureur que le cyclisme ait connu.

Confronté à Roger De Vlaeminck sur les classiques et à Luis Ocana sur les Grands Tours, Eddy Merckx s’est construit un incroyable palmarès dans l’adversité. Un formidable hommage lui sera d’ailleurs rendu pour les 50 ans de sa première victoire lors du départ en Belgique de la 106ème édition du Tour de France.

Nicolas Inizan

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