Pour le 1er match de cette trêve internationale, l’Equipe de France s’est logiquement imposée face à une modeste Albanie. Avec cette victoire 4 buts à 1, les Bleus conservent leur 1ère place avec 12 points. Soit autant que la Turquie et l’Islande, juste derrière. Surtout, ce match a été l’occasion pour certains joueurs de se montrer. En l’absence de Kanté, Pogba ou M’bappé, Didier Deschamps a fait des choix qui se sont avérés payants. Et de nombreux enseignements sont à tirer de cette rencontre…

Une Equipe de France techniquement irréprochable, mais…

Une victoire pleine de maitrise. Les hommes de Didier Deschamps ont montré lors de cette rencontre face à l’Albanie qu’au-delà d’un mondial particulier, ils étaient capables de maitriser l’entièreté du jeu. Et ce, sans sourciller. Bien sûr, la faiblesse de l’opposition doit entrer en ligne de compte. Mais les absents également. Sans Kanté et Pogba au milieu de terrain, on pouvait craindre un léger déficit technique au milieu. Pourtant, Tolisso et Matuidi ont montré qu’ils étaient aussi capables de gérer le tempo d’un match. L’ancien Lyonnais a d’ailleurs été particulièrement brillant dans l’entre-jeu, conservant le ballon avec brio sans trop en faire. De quoi gagner des points pour le prochain Euro si les Bleus se qualifient.

Surtout, la fluidité du jeu a laissé de grands motifs de satisfaction lors de cette rencontre. La plupart des relances défensives étaient extrêmement propres. Lenglet a montré lors de cette rencontre qu’il pouvait parfaitement postuler à une place de titulaire aux côtés de Raphael Varane en défense centrale. Et la plupart des phases offensives, notamment en 1ère période, étaient animées par un jeu en une touche très propre. Ainsi, les 11 titulaires de cette Equipe de France ce samedi ont été irréprochables. Tant au niveau de l’état d’esprit qu’au niveau du jeu de possession et de l’animation offensive.

Pour tout dire (et c’est encore une fois à relativiser puisqu’il ne s’agissait en face « que » de l’Albanie), le milieu Matuidi-Tolisso-Griezmann (en 9 ½ mais qui revenait beaucoup dans le cœur du jeu) a fait preuve d’une grande complémentarité. Infatigables, les 2 premiers ont su effectuer un irréprochable contre-pressing à la perte du ballon. Tout en lançant les éléments offensifs dans les meilleures conditions possibles. Dans cette perspective, ils ont parfaitement joué leur rôle de piston entre la défense et l’attaque.

Toutefois, et bien que l’on puisse trouver un certain nombre d’éléments justifiant cela, l’absence de vision dans les déplacements a été un petit point noir lors de cette rencontre. Entre un Griezmann qui évoluait dans un rôle similaire à celui de Messi au Barça, des latéraux très haut qui participaient aux offensives en l’absence d’allant albanais et un duo Matuidi-Tolisso qui n’était pas habitué à fonctionner de pair, il y avait parfois des joueurs qui se marchaient sur les pieds. Bien sûr, une densité au milieu de terrain est toujours bon signe. En particulier pour une Equipe de France qui entend continuer de progresser. Et qui en a les moyens.

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Le duo Matuidi-Tolisso s’est montré complémentaire face à l’Albanie

Mais lorsque les joueurs essayent tous de tout faire, cela peut être délicat à gérer. Surtout, cela peut engendrer des “vides” non comblées par des joueurs. Des vides qui, s’ils sont comblés, peuvent fournir de précieux espaces. Et de quoi permettra à des ailiers vivaces comme Coman, M’bappé ou Dembélé de se régaler. L’Equipe d’Espagne version Del Bosque est sans doute le meilleur dépositaire de cette domination au cœur du jeu. Xavi, Iniesta, Busquets, Silva, Alba, Villa et Fabregas participaient tous au cours d’une même rencontre à la création du jeu au milieu de terrain. Mais leurs complémentarités leur permettaient de se positionner exactement aux bons endroits. Et de ne jamais manquer de solutions. C’est par ailleurs la perte de cet aspect de leur jeu qui les a menés à leur perte, avec une caricature d’un système de jeu pourtant performant.

En dépit de ce léger point d’amélioration, la prestation de l’Equipe de France pousse à l’optimisme. En effet, elle a pris ce match très au sérieux et a su montrer une aisance technique très intéressante. D’ailleurs, avec une possession de 73% et 92% de passes réussies, on est loin de l’Equipe de France qui performait en phases de transition ultra-rapides lors du dernier mondial. Et même de l’Euro 2016. Oui, les hommes de Didier Deschamps sont en train de faire évoluer leur jeu. Entre maitrise de l’entre-jeu et rythme rapide dans la projection vers l’avant, ils commencent même à trouver la bonne formule. Cela tombe bien, ils disposent des joueurs idéaux pour jouer de cette façon.

Griezmann comme chef d’orchestre

L’un des points positifs de cette rencontre, c’est la confirmation de la capacité d’Antoine Griezmann à être le chef d’orchestre de l’Equipe de France.

On connaissait évidemment la capacité du Français à être le relais offensif privilégié de ses milieux de terrain. Positionné en 9 ½ tournant autour d’Olivier Giroud, Antoine Griezmann, par son sens du jeu, demeurait alors la principale lance d’attaque permettant d’enclencher les actions décisives, de changer le rythme brutalement par sa vivacité balle au pied et son sens du déplacement. Mais lors du match face à l’Albanie, c’est surtout sa grande polyvalence qui a été intéressante. Et qui a montré toute l’étendue de la palette du Français.

Antoine Griezmann est un joueur complet. Il l’a toujours été. Mais lors de cette rencontre, sa volonté de construire le jeu du début et d’accompagner les actions jusqu’à leur finalité a été flagrante. En effet, l’ex de l’Atletico est beaucoup revenu au milieu de terrain lorsque le rythme était arrêté. En soutien du duo Matuidi-Tolisso, le joueur du FC Barcelone a excellé dans ce rôle. Entièrement libre sur le pré, il s’est fendu de quelques déplacements très intéressants.

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Antoine Griezmann a été au four et au moulin lors du match face à l’Albanie

À la manière d’un Lionel Messi au Barca, Antoine Griezmann n’a cessé de tenter de constituer le point de départ des offensives adverses. Mais aussi de les finir. Comme lors de cette action au cours de laquelle Olivier Giroud, après une balle en cloche de Coman, a essayé de rechercher Griezmann par une remise de la tête. Sans succès, certes. Mais tout de même, Antoine Griezmann n’était pas loin d’arriver dans cette zone. Alors qu’il demeurait, au départ de l’action, bien plus loin de la surface.

Parfois à droite lorsque les espaces lui permettaient de percuter, ou dans l’axe lorsque le jeu était plus concentré, le Barcelonais a su prendre le jeu à son compte. Malgré quelques déchets techniques, l’absence de Pogba qui a impliqué l’absence d’un meneur offensif a octroyé à Griezmann plus de liberté dans cette zone du jeu. Et il a su l’utiliser avec brio. De quoi espérer voir Griezmann revêtir plus souvent ce rôle de créateur pur.

L’éclaircie Coman

Mais le vrai point positif de cette soirée, c’est Kingsley Coman. Auteur d’un doublé, le Bavarois aurait même pu inscrire un 3ème but avec plus de réussite. Mais l’essentiel est ailleurs.

Dynamiteur, l’ailier du Bayern a réalisé un match plein. Positionné sur le flanc droit de l’attaque bleue, ses capacités de provocation et sa vitesse ont posé d’énormes soucis aux Albanais.

Enfin titulaire au Bayern, le Français s’apprête à vivre une saison décisive pour la suite de sa carrière. Et lors de cette rencontre face à l’Albanie, il a montré tout ce qu’il pouvait apporter à l’Equipe de France. Puissant et percutant, il a semé à lui seul la zizanie dans une défense aux abois. Il a aussi montré ses qualités de finisseur et d’appel de balle sur ses deux buts. Son activité et sa justesse balle au pied ont ravi. Surtout, il a montré la même maturité dans le jeu qu’il a affiché lors des ses entrées en jeu la saison dernière au Bayern. À la différence d’un Dembélé qui n’a jamais su prendre sa chance en Equipe de France.

Connaissant une féroce concurrence en Allemagne, l’ailier n’a pas connu la même trajectoire que des joueurs comme M’bappe ou Dembélé. Même si le Barcelonais vit un des premiers bas de sa carrière. Avec la concurrence de Robben ou Costa, il était difficile à Coman de se faire une place. Mais au sein d’un effectif bourré de talents, il a su faire le dos rond même lorsque les blessures s’enchaînaient. Ainsi, il a eu à affronter ce que Dembélé et M’bappe n’ont pas eu à affronter : l’adversité. Et son match résume parfaitement son état d’esprit.

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Au Bayern, Coman a su franchir les obstacles un par un pour se faire une place de choix

Remportant la plupart de ses duels et cherchant sans cesse à mettre du rythme dans le jeu lorsque celui-ci diminuait, Kingsley Coman a prouvé qu’il pouvait être l’un des meilleurs à son poste. Homme du match, il a su se montrer sous son meilleur jour. Surtout, son activité sur le pré à permis aux milieux de terrain de disposer d’un relais offensif supplémentaire. Capable de recevoir le ballon dans les pieds ou d’être lancé, le Bavarois a montré toute l’étendue de sa palette offensive.

Malheureusement, le retour de M’bappé lui assurerait un retour sur le banc tant le Parisien est incontournable pour l’Equipe de France. À moins que… Bien sûr, la place de titulaire à droite reste intouchable. Toutefois, avec un Thomas Lemar qui n’a pas encore trouvé tous ses repères sous le maillot bleu, Coman pourrait, en cas de saison étincelante, avoir une carte à jouer sur l’aile gauche. Bien que titularisé en droite sous Kovac, le Bavarois a le profil pour jouer en tant qu’ailier gauche en Equipe de France. Reste à voir si Deschamps le testera à ce poste. Mais il pourrait être une solution intéressante dans l’attente d’un replacement dans l’axe de M’bappé qui pourrait arriver après la retraite internationale d’Olivier Giroud. Et dans ce cas, il reprendrait sa place sur l’aile droite. Dans tous les cas, Coman a marqué de précieux points dans cette course à l’Euro.

Les Bleus ont fait preuve d’une très belle maitrise dans le jeu malgré des absents. La fluidité et la circulation rapide du ballon ont fait merveille face à l’Albanie. L’occasion également pour certains joueurs de se montrer et d’étendre leur palette. Mais étant donné la concurrence accrue qui existe dans les grandes sélections européennes, la France aura besoin d’un peu plus que cela pour remporter le prochain Euro. Car c’est bien l’objectif affiché par les Champions du Monde. En revanche, une chose est certaine : avec un tel vivier de talents et cette volonté de ne pas se reposer sur le jeu proposé lors du dernier mondial, les Bleus disposent d’une très bonne base pour bien figurer lors de ce prochain Euro. Rendez-vous face à Andorre, Mardi 10 Septembre, pour voir si les Bleus confirmeront cette montée en puissance.

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