La joie des champions NBA : Stephen Curry n’est pas rancunier, Kevin Durant mérite son titre de MVP

Spoiler Alert : Avis à ceux qui n’auraient pas encore pu suivre les Finals 2018. Nous sommes le 10 Juin et c’est déjà fini.

La mise à mort était attendue. En s’imposant cette nuit à Cleveland (108-85), la franchise de Golden State s’offre sa cinquième bague et réalise le back to back. Dominatrice de A à Z, la bande à Curry n’a eu besoin que de quatre matchs pour sweeper des Cavaliers dépassés. Une domination sans partage qui laisse le King sans couronne, une fois de plus.

Cela commence à devenir une habitude. Pour la quatrième fois de suite, Cavaliers et Warriors s’affrontaient en finale NBA. Si l’issue de ce combat présageait peu de doutes, Golden State a tué le suspense en s’imposant largement lors du Game 2 (122-103). Le tout, en profitant de la frustration des Cavs lors du Game 1 et la boulette XXL de son génie JR Smith. Tel un Mike Tyson dans les années 90, Golden State n’a pas laissé exister son adversaire, asphyxiant Cleveland et mettant LeBron James KO. Que retenir de ce nouveau sacre ? Ce sweep était-il prédit d’avance ?

Une suprématie affirmée

Si certains avaient encore des doutes sur la puissance de feu de Golden State, il n’y a désormais plus de place au débat. En battant sèchement Cleveland 4-0, les hommes de Steve Kerr ont montré à la NBA que les patrons, c’était eux. Véritable armada à faire pâlir l’armée française et son char Leclerc, l’équipe des Warriors se présente depuis deux ans comme une machine de guerre en mission lorsqu’arrivent les Playoffs. Rodée, sans faille. L’arme ultime en somme. Complète à chaque poste, « the Bay » se définit d’abord par ses stars comme KD, Steph Curry, Klay Thompson ou encore Draymond Green. Mais résumer Golden State seulement à ses cadres serait de l’ignorance puisqu’à cela se greffent des back up capables de sublimer le jeu de leur équipe. A l’image d’un iceberg où on ne voit que la partie émergée.

Quand la majorité des franchises (dont Cleveland) s’appuient sur sept, huit joueurs grand maximum, eux le font avec dix voire douze. Ca, c’est l’identité Warriors. Chaque joueur est à sa place et possède un rôle précis. La profondeur du banc est telle qu’elle use systématiquement l’équipe en face. De plus, l’arrivée de Kevin Durant la saison précédente n’a fait que renforcer l’hégémonie californienne. L’ancien pensionnaire d’OKC s’est imposé comme le véritable leader dans le money time. Froid comme une lame et d’une précision chirurgicale lors du Game 2 et 3. Un tueur né, sans remords pour son adversaire, laissant Stephen Curry a son rôle de sniper. Et puis quand ce n’est pas eux, c’est Klay Thompson ou Draymond Green sans oublier Shaun Livingston et le retour tant attendu d’Andre Iguodala (MVP des Finals 2015). Allo les pompiers, le feu vient de partout ! Et se propage dangereusement lorsque vient le troisième quart temps.

On l’oublie souvent mais Steve Kerr est un des meilleurs entraîneurs de la ligue. Il est certes masqué par probablement la plus belle équipe de tous les temps mais il sait parfaitement l’utiliser. Il dirige son bateau à l’inverse d’un Tyronn Lue qui est simple passager dans le sien. Fin tacticien, il tire le meilleur de chacun de ses joueurs et a su créer une alchimie. Faisant des Warriors, une franchise faite pour durer et engranger les titres.

LeBron James seul à bord du Titanic

Ainsi fon fon fon, quatre petits matchs et puis s’en vont… Les Warriors n’ont fait qu’une bouchée des Cavaliers. En surrégime pendant ces Finals et plus globalement pendant la majorité de ces Playoffs, Cleveland n’a tout simplement pas existé et échoue pour la deuxième fois de suite en finale NBA. On vous parlait de l’arbre qui cachait la forêt dans l’article précédent. Cette fois ci, il cachait l’Amazonie. Kyrie Irving est parti rejoindre un autre port, seul reste LeBron James. Le survivant du naufrage d’un paquebot nommé Cleveland. Les fervents défenseurs de la franchise de l’Ohio vous diront « Oui mais ils sont quand même arrivés en finale ». Certes, ce n’est pas faux. Mais que serait-il advenu des Cavs si LeBron James s’était troué à un moment donné ou s’il avait dû manquer ne serait-ce qu’un match ? La marche était bien trop haute pour les hommes de Tyronn Lue, voilà tout.

« Iceberg nommé Warriors droit devant ! » Le King était bien trop seul à bord de ce bateau. Stratosphérique durant tous les Playoffs ainsi qu’en finale, le natif d’Akron a porté à bout de bras une équipe des Cavaliers surcotée, qui existait seulement grâce à son souverain. Plus que ça, c’est tout un peuple que portait LBJ. LeBron n’a pas à rougir ni même à s’en vouloir au vu de sa performance. Certains parlent de malédiction mais regardez l’équipe construite autour de lui et surtout celle que vous avez en face. Il fallait s’y attendre. Cleveland ne pouvait pas gagner avec un seul homme. Même quand il s’appelle LeBron James et qu’il est le meilleur joueur du monde. Sa seule faiblesse, son équipe qu’il a traînée comme un boulet. On comprend pourquoi le garçon est toujours à la salle de muscu. Les naufragés ont regardé le bateau couler en simples spectateurs, à coups de trois points répétitifs. Kevin Love n’a pas offert le soutien attendu et a été aux abonnés absents lors des moments chauds. Ajoutez à cela le coup de poignard de JR Smith au Game1 et la débâcle était assurée. Un peu comme si Gérard avait manœuvré le bateau en direction de l’iceberg. La réaction de LeBron sur le banc après cette bourde fut criante de vérité. Abattu, il n’a pas su remotiver ses troupes et les Cavs ne s’en sont pas relevés. Ceci constitue probablement le moment précis où Cleveland a perdu ces Finals.  « C’est la pire défaite de ma carrière »avouera t-il en conférence de presse après le match 1. Cette débâcle va laisser des traces. Le King a fini la série épuisé, peut-être les dernières gouttes de sueur sous le maillot des Cavaliers.

Des Finals sans saveur

Une victoire n’est jamais acquise à l’avance, un titre encore moins. Mais honnêtement, à combien s’élevait la cote des Cavaliers ? Si on ne peut que se réjouir du niveau de jeu affiché par les Warriors et être admiratif devant une telle équipe, ces Finals n’avaient aucune saveur. Bien sûr, si l’on est supporter de Cleveland ou de Golden State, le débat change mais quand on est un amoureux du basket, cette série pouvait paraître ennuyeuse et déjà jouée. A la limite, l’épisode JR Smith aura eu le mérite de faire rire la planète basket. Objectivement, à aucun moment les Cavs ont eu une chance d’être champions. Allez, on peut noter les regrets du Game 1 et encore. Le Game 2 a été maitrisé par la franchise d’Oakland et même si BronBron a redonné espoir à ses troupes au Game 3 avec un dunk ravageur à la T-Mac, le retour d’Iguodala et la froideur de KD ont défensivement enterré les velléités au fin fond de l’Ohio. Même si les puristes espéraient le reverse sweep, le miracle n’eut pas lieu. Le Game 4 fut inutile et humiliant. obligeant LeBron James à sortir à quelques minutes du terme pour recevoir son ovation, peut-être la dernière à la Quicken Loans Arena.

Golden State, c’est la classe au-dessus. Sans concurrence, c’est un champion formaté pour gagner des titres et régner sur une dynastie. C’est la quatrième finale de suite entre les deux franchises et nombreux pensent que cet affrontement tend à devenir un « classique ». Et bien, ce n’est pas le cas tant la différence de niveau est grande. On se souvient tous des affrontements légendaires entre les Celtics et les Lakers, entre les Bulls et les Pistons ou plus tôt entre les 76ers et des Celtics. Ici, il n’y avait pas photo entre le collectif de Golden State et l’individualisme de Cleveland. Beaucoup auraient aimé voir Boston au complet, d’autres auraient rêvé un duel épique et voir LeBron James faire taire les Warriors et plus globalement, tous ses détracteurs. Mais il n’en est rien, la logique a été respectée. Le King s’incline pour la cinquième fois en huit participations, la troisième devant les nouveaux souverains de la NBA.

A la manière des Bulls dans les années 90, les hommes de Steve Kerr sont en train de réaliser quelque chose de grand. Si des franchises comme Houston ont entamé l’anti Warriors en formant des équipes fabriquée pour le titre, personne n’est pour le moment en mesure de concurrencer Golden State. On a vu que James Harden et les Rockets avaient les moyens de les faire plier mais le groupe manque encore de maturité dans les grands rendez-vous. D’autres se sont également essayés à l’instar d’Oklahoma City, avec la réussite que l’on connaît. Les Splash Brothers ont encore de beaux jours devant eux avant de se faire détrôner. Maintenant les Finals achevées, tous les regards vont se tourner vers le choix de LeBron James, éclipsant dans la foulée le succès du nouveau champion en titre.

Mathieu Berujeau.

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