Ce week-end marque la reprise de la Liga. Si de nombreux mouvements ont vu le jour cet été pour les clubs espagnols, la plupart d’entre eux sont encore en rodage. Entre pré-saison catastrophique pour les uns et motifs d’espoir pour les autres, difficile de dire qui saura tirer son épingle du jeu. Pourtant, on peut déjà tirer de nombreux enseignements de cette pause estivale. Alors, que peut-on espérer du championnat espagnol cette saison ?

Les trois gros en Liga. Encore. Toujours

Encore une fois, sauf cataclysme, le titre devrait se jouer entre les 3 mastodontes du football espagnol. L’Atletico, le Barca et le Real ont tous 3 connu un été mouvementé. Comme rarement d’ailleurs. Ayant chacun connu une dure saison l’an passé, il leur a fallu compter sur des renforts de poids. Et des renforts capables d’améliorer ces effectifs pléthoriques ne courent pas les rues. Pourtant, en ce début de saison, les inconnues demeurent nombreuses au sein de ces 3 clubs. Pour plusieurs raisons.

Le FC Barcelone est sûrement le club qui a réalisé le mercato le plus clinquant. Avec le débauchage d’Antoine Griezmann et de Frenkie De Jong, les Catalans ont recruté des valeurs sûres. Comptons également le retour de Rafinha au milieu de terrain et celui, potentiel, de Neymar, et vous obtenez l’effectif le plus séduisant d’Europe. Du moins, sur le papier. Car la réalité du terrain est parfois différente.

Surtout, les hommes de Valverde sortent d’une pré-saison ultra convainquant avec, en point d’orgue, cette victoire pleine de maitrise acquise face au Napoli de Carlo Ancelotti (4-0). Un jeu séduisant que l’on n’avait plus vu depuis 2 ans à Barcelone. Les satisfactions furent nombreuses lors de ces rencontres. De Jong a montré qu’il était un fuoriclasse. Et qu’il avait tout pour être le meilleur interior du monde. Valverde s’est enfin décidé à compter sur un Carles Alena décisif et complémentaire avec le Néerlandais. Et Griezmann, l’un des joueurs le plus intelligents de la planète, s’est intégré assez facilement sur le terrain. Tout a l’air d’aller dans le meilleur des mondes, donc.

barca napoli
Le match face au Napoli avait été l’occasion d’intégrer de nouvelles recrues

Pourtant, lors de la 1ère journée à San Mames, toutes ces certitudes sont tombées. Face à un Bilbao pourtant encore en rodage, les Catalans se sont inclinés 1 but à 0. Et les vieux démons ont ressurgi. En l’absence de Messi, blessé, et de Busquets mis sur le banc, le Barca a perdu toute la maitrise montrée lors de ses matchs de préparation. En seulement 45 minutes, Valverde est retombé dans ses travers. À son actif, la remise en selle d’un Rakitic de nouveau inexistant et même polluant pour le jeu catalan. Le tout au détriment d’un Alena ô combien précieux dans la construction. Oui, cette défaite a ébranlé la confiance du Barca. Et même en disposant de joueurs aussi talentueux, il faudra encore beaucoup de travail aux Catalans pour confirmer toutes les promesses entrevues depuis Juillet.

Du travail, il en faudra aussi du côté du Real Madrid. Au sortir d’une saison blanche, le club de Florentino Perez a mis les moyens pour de nouveau être à la hauteur de l’immensité du club. Les recrutements d’Eden Hazard, Luka Jovic et d’Eder Militao apportent au club une profondeur qu’il n’avait plus. Ajoutons également le retour de prêt de James Rodriguez ainsi que la potentielle arrivée d’un joueur de classe mondiale (Pogba ou Neymar en tête) dans l’équation. Et vous obtenez un Real de nouveau en lice pour tout gagner.

Mais évidemment, de tels changements demandent du temps. Un luxe que ne possède pas le Real. L’arrivée d’Hazard à court de forme, combinée à une pré-saison catastrophique marquée notamment par une raclée infligée par le rival colchonero (défaite 7 buts à 2) a, comme pour le Barca, fait ressurgir le spectre de la saison dernière. L’instabilité du club merengue est aussi valable en coulisses puisque Zidane et Perez ne sont pas d’accord sur le joueur que le club devrait recruter en priorité. Il faut aussi évoquer le cas Gareth Bale, clairement indésirable au Real mais qui n’a pas trouvé de porte de sortie. Tant de chantiers du côté de Madrid qui font douter les Blancos. Et qui pourraient faire les affaires de l’Atletico.

En effet, si le Barça et le Real sont encore en phase de transition, l’Atletico est bien en place. On pensait au début de l’été que les départs de Godin et de Griezmann plomberaient les hommes de Simeone. Il n’en fût rien. Au contraire, les Colchoneros ont rebondi admirablement. Grâce aux 120 millions acquis par le rachat de la clause libératoire du Français par le FC Barcelone, l’Atletico a pu renforcer les postes où il avait faibli. Ainsi, entre joueurs d’expérience (Trippier ou Herrera) et jeunes au grand potentiel (Joao Felix et Hermoso), les Madrilènes ont visé juste. Surtout, ce sont des joueurs s’inscrivant parfaitement dans la philosophie du club et qui seront opérationnels immédiatement. Point positif lorsque l’on connaît l’importance de bien démarrer en Liga.

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Passé de Benfica à l’Atletico, Joao Felix sera l’attraction majeure de l’Atletico cette saison

La préparation de l’Atletico fût effectivement bien meilleure que celle de son voisin merengue. Les victoires acquises face au Real (7-2) et à la Juventus (2-1) ont montré de belles choses. Felix s’est intégré à la perfection et a montré toute l’étendue de son talent et de son potentiel, Trippier a prouvé qu’il pouvait être un latéral droit de grande qualité. Et des joueurs comme Lemar, Saul ou Correa se sont montrés sous leur meilleur jour. Oui, l’Atletico est, des trois « gros », le club le plus prêt à affronter la nouvelle saison. Avec une profondeur de banc nouvelle et des nouveaux joueurs déjà bien intégrés, nul doute qu’il faudra compter sur les Colchoneros dans la lutte au titre. Et peut-être même mieux, avec la C1 en ligne de mire.

Une lutte pour la 4ème place

Derrière l’Atletico, le Barca et le Real, qui pourrait truster une 4ème place qualificative pour la Ligue des Champions ? Difficile à dire. Ne possédant pas les moyens des prétendants au titre, Valence ou le FC Séville devraient toutefois en être proche.

Obligés d’être intelligents dans leur recrutement, Sévillans et Valenciens se sont relativement renforcés. Et même mieux. Ainsi, Valence a réussi à acquérir gratuitement un Mangala qui, s’il retrouve son niveau d’avant-blessure, pourrait jouer un rôle crucial pour le club espagnol. De son côté, le FC Séville a fait dans l’expérience pour se renforcer. Avec Fernando, Corchia ou encore Luuk De Jong qui sont venus garnir l’escouade de Lopetegui, Séville a misé sur des joueurs qui connaissent les joutes européennes (Fernando avec City et Galatasaray, De Jong avec le PSV et même Corchia avec Benfica). De quoi à la fois être compétitif en Liga et en Europe.

En se renforçant à chaque ligne et massivement (Rony Lopes, Dabbur ou Reguilon sont à ajouter entre autres), le FC Séville est le club espagnol qui compte le plus d’arrivées. Déjà très proche de la 4ème place la saison dernière, le club andalou a montré ses ambitions pour la saison à venir. Et a réussi un très bon mercato.

Julen Lopetegui bénéficiera d’un groupe élargi cette saison avec le FC Séville

Derrière eux, le combat devrait être intense entre Getafe, Bilbao et Villarreal pour la qualification en Ligue Europa. En effet, Getafe, terminant à une historique 5ème place la saison passée, a le vent en poupe. Le 3ème club de Madrid pourrait de nouveau surprendre, ayant conservé l’ossature d’un groupe qui a montré de très belles choses l’an dernier. De leur côté, les Basques pourront compter sur un Inaki Williams qui continue de progresser à vitesse grand V. Le virevoltant ailier, prolongé jusqu’en 2028 (!) est devenu la référence offensive de l’Athletic Bilbao. À ses côtés, il pourra compter sur des joueurs d’expérience comme Aduriz (auteur d’un but somptueux face au Barça lors de la 1ère journée) ou encore Iker Muniain, l’enfant chéri de San Mames.

Enfin, Villarreal est sans doute le pari de la saison. Terminant à une lamentable 14ème place l’an passé, le Sous-marin jaune avait pourtant montré de belles ambitions dans le jeu. Un jeu rapide, une volonté de construire et des phases de transition étincelantes… Mais pas suffisant pour truster une plus haute place. Le début de saison calamiteux de Villarreal avait fini par le plomber. Mais cette saison, les arrivées d’Alberto Moreno et de Zambo Anguissa en prêt pourraient permettre aux coéquipiers de Santi Cazorla d’obtenir leur juste récompense à la fin de la saison. Il faudra en tout cas les suivre de près. Pour assister, aussi, a de spectaculaires affiches.

Une lutte pour le maintien assurée

Si le haut de tableau semble relativement indécis, la lutte pour le maintien, elle, ne devrait pas souffrir du même suspense. Même si des surprises sont possibles. Les promus de cette saison auront effectivement du mal à se maintenir. Majorque, d’abord, devra certainement lutter pour conserver sa place si durement acquise dans l’élite. Osasuna et Grenade souffriront également compte tenu du niveau général de la Liga. Avec une dizaine de clubs potentiellement capables de se qualifier pour l’Europe, difficile pour un promu de tirer son épingle du jeu.

Toutefois, comme c’était le cas avec Villarreal l’an dernier, il n’est pas rare de voir certaines équipes perdre leurs moyens. Ainsi, les trois promus auront leur chance pour se maintenir. Ils devront pour cela lutter avec le Celta Vigo, Valladolid ou Leganés. En effet, le Celta Vigo avait fini l’an passé à une 17ème place qui leur a évité de justesse la relégation. Avec seulement 4 points d’avance sur Girona, 1er relégable, les hommes de Fran Escriba ne sont pas passés loin de la sentence. Toutefois, les arrivées de Denis Suarez du FC Barcelone et de Beauvue de Caen ont renforcé cette équipe. Et ont apporté un nouveau souffle à Vigo ? Affaire à suivre.

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Denis Suarez pourrait être le facteur X du Celta Vigo, profitant de l’occasion pour exploiter son potentiel monstrueux

Les renforts furent en revanche moindre pour Valladolid et Leganés. Au grand dam de leurs supporteurs. En effet, le club de Ronaldo n’a recruté que des joueurs issus des divisions inférieures et ne pouvant prétendre immédiatement à une place de titulaire (Churripi, Victor Garcia …). Compte tenu des difficultés rencontrées la saison dernière, il paraît difficile de voir le club lutter pour autre chose que pour le maintien cette année encore. Le constat est quasiment identique pour Leganés. Bien qu’ayant terminés à une honorable 13ème place la saison dernière, les hommes de Pellegrino ont souffert. Mais leur force reposait essentiellement sur une assise défensive solide, leur permettant de constituer la 5ème meilleure défense d’Espagne (43 buts encaissés). De quoi espérer de nouveau un maintien dans l’élite.

Ainsi, ce nouvel exercice de Liga promet de nouveau des rencontres ébouriffantes. Loin des certitudes du début de saison dernière, la plupart des équipes espagnoles repartent sur de nouvelles bases. Les recrues, nombreuses, de certaines impliqueront souvent un temps d’adaptation important. La clé sera donc d’être prêt le plus tôt possible pour éviter de perdre des points précieux. En tout cas, nul doute que cette Liga sera, une fois n’est pas coutume, la scène d’un spectacle dantesque. Mais aussi de belles surprises.

 

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