Vendredi soir, le Bayern a été tenu en échec 2 buts partout face au Herta Berlin. L’Allianz Arena avait pourtant vu un Bayern à l’aise avec le cuir (71% de possession entre autres choses) lors de cette 2nde journée de Bundesliga. Ce fût également le cas lors de la finale de Supercoupe perdue 2-0 face au Borussia Dortmund. Sans inspiration, les hommes de Niko Kovac connaissent un début de saison compliqué. Ainsi, s’il est trop tôt pour sonner l’alarme, force est de constater que le Bayern est sur une pente descendante. Et ce, depuis quelques temps…

Le roi incontesté

En Allemagne, le pragmatisme prend le pas sur la beauté. Pep Guardiola en avait d’ailleurs fait l’amer expérience lors de son passage en Bavière. Pourtant vainqueur de 7 titres en 3 saisons, le Catalan avait fini par faire perdre patience aux Bavarois. La cause ? Son « incapacité » à ramener une C1 du côté de Munich. Et ce, malgré un style de jeu extrêmement alléchant. C’est dire la difficulté de s’imposer dans un club aussi exigeant que le Bayern Munich.

En effet, en Allemagne, le titre national est une obligation. Plus que ça, pour le Bayern, c’est un devoir. Ne pas le remporter serait une désillusion immense. Car contrairement à l’Espagne par exemple, l’aura du Bayern en Allemagne surplombe largement celle des autres clubs. Oui, même celle du BVB de Lucien Favre. Cette mainmise historique sur le championnat allemand est facilement vérifiable… Le Bayern a remporté les 7 dernières éditions de « son » championnat. Plus encore, avec 29 Bundesligas remportées dans son Histoire, le FC Hollywood est évidemment le recordman du nombre de titres nationaux glanés. Le 2ème ? Nuremberg avec seulement 9 trophées. Vous avez dit domination ?

Un trône qui vacille

Alors, comment pourrait-on remettre en doute un club aussi dominateur ? Outre des résultats européens en-deça des espoirs allemands (2 demi-finales en 2017 et 2018 tout de même), la longueur d’avance du club bavarois en Bundesliga n’existe quasiment plus.

En effet, la saison dernière a été marquée par un mano-à-mano remporté sur le fil face au Dortmund de Favre. Avec seulement 2 points d’avance à l’issue de l’exercice sur le vice-champion, le der Rekordmeister n’avait jamais été aussi prêt de perdre son titre depuis le sacre de Jurgen Klopp en 2012. Finissant systématiquement, depuis, avec au moins 10 points de plus que le second, les coéquipiers de Thomas Muller faisaient preuve d’une régularité étincelante. Pourtant, avec le temps, l’excellence dans les résultats s’est effritée.

Depuis le Borussia Dortmund de Klopp en 2012, personne n’a été en mesure de terrasser l’ogre bavarois

Il suffit de regarder le nombre de points glanés lors des dernières années pour comprendre que la marge du Bayern s’est amoindrie. Champion avec 90 et 91 points lors des saisons 2013-2014 et 2014-2015, il ne l’a été qu’avec 78 points la saison dernière. Pire : Hormis en 2015-2016, meilleure saison de l’ère Guardiola, et en 2018 pour 2 petits points, le nombre de points du Bayern a constamment baissé depuis le départ de Jupp Heynckes en 2013.

Mais, bien sûr, ce ne sont là que des statistiques. Et dans le jeu, le plus important, d’autres problèmes demeurent et grossissent depuis des années. Des problèmes face auxquels Niko Kovac n’a pas trouvé de solutions.

Un jeu brouillon

Il était difficile de reprendre une telle équipe… Depuis Guardiola, le niveau de jeu du Bayern s’est effrité. Décrié pour ses méthodes et un jeu de passes à l’excès qui ennuyait parfois les supporteurs, l’entraineur de City avait pourtant fait du Bayern une formidable machine à jouer au football. Mais des défaites sur le fil (et parfois immérités) en C1 ont eu raison de lui. Toutefois, depuis son départ, ni Ancelotti, pourtant coach légendaire, ni Kovac n’ont su faire mieux.

Bien sûr, la qualité de jeu d’une équipe ne repose pas exclusivement sur son entraîneur. Ancelotti aimait le jeu offensif dès qu’il était bien amené. Niko Kovac, critiqué pour son manque d’allant, est plus mesuré mais ne fait pas du Bayern une équipe qui se prive du ballon. Mais tout de même, le Bayern perd depuis quelques saisons son identité : celle d’une équipe redoutable d’efficacité et sachant s’adapter à toute situation.

niko kovac bayern munich
Depuis son intronisation à la tête du Bayern, Niko Kovac peine à donner un 2nd souffle à son équipe

Surtout, le Bayern semble perdre son sens du collectif. Dans leurs meilleurs jours, les membres de l’effectif constituaient des mécanismes particuliers. En des termes très durkheimiens, chaque joueur était une part d’une machine qui, ensemble, la faisaient fonctionner. Mais aujourd’hui, cette connexion entre les membres est rouillée.

Alors, le Bayern s’appuie sur ses individualités. On espère que Lewandowski saura se muer en tueur pour marquer sur chaque ballon touché dans la surface. Ou que Thiago fera LA passe qui casse 2 lignes et qui crée la supériorité numérique. On espère que Coman saura effacer son vis-à-vis… En somme, on espère des exploits individuels. Et si avec le talent de ces joueurs, ils sont fréquents, pour autant les matchs face à des collectifs en place sont rédhibitoires. Cela s’est vu face à Liverpool en Ligue des Champions l’an dernier. Ou face au Borussia la saison dernière et en Supercoupe cette saison. En d’autres termes : le Bayern a perdu ce qui faisait sa force sous Heynckes : son sens du collectif.

Une génération vieillissante

L’un des problèmes majeurs du Bayern, c’est aussi ses joueurs. Conscient de la place de choix qu’occupent certains joueurs dans l’Histoire d’un club si prestigieux, Uli Hoeness, pourtant président émérite, n’a jamais su préparer leur succession.

Comment ne pas citer les départs de Ribery et Robben ? Le duo iconique bavarois a marqué la décennie de son emprunte au Bayern. Les deux hommes forts du triplé obtenu en 2013 étaient pourtant annoncés sur la fin depuis plusieurs saisons. Pourtant, aucun substitut n’a su les mettre sur le banc. Que ce soient Coman, James ou encore Douglas Costa, aucun ne s’est montré plus indispensable que le duo Robbery. Ainsi, leur départ en retraite la saison dernière, sans aucun renfort de poids (hormis Coutinho qui sort cependant d’une saison compliquée), est un abyssal manque pour le FC Bayern. Un manque qu’Hoeness aurait pu combler il y a longtemps. Sans succès.

ribery robben
Le duo « Robbery » a laissé une trace impérissable dans l’histoire du Bayern Munich

Évoquons également le cas Manuel Neuer. Après de multiples blessures, et à 33 ans, l’Allemand n’a plus le niveau stratosphérique atteint il y a 5 ans. Tout le contraire de Robert Lewandoswki qui, malgré ses 31 ans, continue d’affoler les compteurs malgré une légère baisse de régime la saison dernière. Toutefois, le Polonais n’a aucun concurrent réel à son poste depuis plusieurs saisons.

En revanche, l’une des éclaircies demeure la présence d’un Joshua Kimmich stratosphérique. À 24 ans, l’Allemand est probablement le meilleur du monde à son poste. Capable aussi bien de défendre que d’organiser le jeu, il permet au FC Hollywood d’être tranquille à ce poste pour 10 ans. Mais nul doute que le renouveau du club allemand passera par un bouleversement de l’effectif en place.

Le Bayern demeure une formidable machine qui pourrait, cette saison encore, tout rafler. Les joueurs aux qualités impressionnantes sont légion dans un effectif de qualité. Malgré tout, les coéquipiers de Thomas Muller sont sur une pente descendante. Voyant leur marge sur leurs concurrents directs fondre, ils pourraient souffrir face à un Dortmund qui a le vent en poupe et qui s’est encore renforcé cette saison. L’an dernier, la profondeur de banc du Bayern avait fait la différence. Mais cette saison, le BVB possède un effectif complet. Alors, serait-ce la saison où le Bayern perd son trône ? Difficile à dire. En revanche, une chose est certaine : cette saison de Bundesliga s’annonce tonitruante.

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