Golden State va t-il connaître sa 5ème finale nba en 5 ans et réaliser le three-peat ?

La saison régulière touche à sa fin. Milwaukee a dominé la ligue avec un bilan de 60 victoires pour 22 défaites, les Warriors ont gardé leur trône à l’Ouest et se préparent maintenant à glaner un troisième titre consécutif. Les choses sérieuses commencent enfin !

Après avoir été devancé pendant la majeure partie de saison régulière par l’étonnante équipe de Denver, Golden State a repris son leadership à l’Ouest. Seules Milwaukee et Toronto sont restés devant avec un bilan de 60-22 et de 58-24, La bande à Curry entre dans une nouvelle phase. L’oeil est maintenant tourné vers les PlayoffsExit les qualifs, c’est l’heure du grand prix. Un exercice où la franchise de l’Ohio excelle depuis 2015 avec 4 finales consécutives et trois titres en 2015, 2017 et 2018.

Une saison régulière en mode diesel

On a l’impression que Golden State a joué toute la saison avec le frein à main. A croire que c’était un leurre. Certes, elle n’a pas été un long fleuve tranquille. Les Warriors ont mis pas moins de 6 mois à acquérir cette précieuse première place, synonyme de règne sur la conférence et de potentiel avantage de terrain en cas de finale NBA. Bien entendu, on souhaite voir cette formidable équipe toujours à son top mais les attentes extérieures, qu’elles soient des spectateurs, des fans ou bien des journalistes sont rarement en adéquation avec celle d’une équipe en campagne. Depuis 4 ans, la splash team bat record sur record : en terme de victoires et de performances individuelles et collectives. Malgré une saison régulière en demi-teinte, les pensionnaires de l’Oracle Arena affichent des chiffres affolants. Le 29 octobre dernier, Klay Thompson a livré une prestation gigantesque : 52 points avec 14 trois points sur 24 tentatives (autre record) dont 10 dans une seule mi temps ! Hormis un James Harden inarrêtable cette année capable de réaliser une performance de ce style, qui d’autre ? Stephen Curry on est d’accord. Le 21 janvier, le même bonhomme a réussi 10 paniers à 3 points consécutifs face aux Lakers. Les hommes de Steve Kerr ont fait des tirs longue distance une spécialité, c’est plus un secret. Janvier encore, dans un match insensé remporté 147-140 par Golden State contre New-Orleans, les deux équipes ont inscrits un record de 43 trois points dont 24 par les Warriors !
Par ailleurs, les stars ont fait le job : 27,9 points de moyenne pour Curry, 26,6 pour Durant et 22,1 pour Klay Thompson. A cela ajoutez les 15,6 points de DeMarcus Cousins arrivé en cours de route et vous avez 4 All Star en mission. Parce que oui, depuis le 18 janvier, Boogie a repris du service après un an d’arrêt dû à une rupture du tendon d’Achille. L’annonce en milieu d’été de son arrivée avait déjà refroidi toute la sphère NBA et sonnait la fin des haricots pour les équipes encore optimistes à l’idée de remporter le titre. Il n’a pas mis bien longtemps à s’intégrer au collectif puisque dès son premier match, il écrasait un dunk monstrueux sur la tête des Clippers. Outres les petites blessures par ci par là et le clash Kevin Durant / Draymond Green, les Warriors sont prêts et attendent tout simplement l’arrivée des Playoffs. Une autre affaire.

La rage au ventre, Klay Thompson est devenu le meilleur shooteur longue distance sur un match avec 14 tirs primés. Ca valait bien un petit filet de bave.

Vers un triplé historique

Place aux choses sérieuses. Archi favori et double tenant du titre, Golden State devra faire preuve de sérieux et moins de suffisance. Parce que bon, c’est bien sympa 82 matchs à trottiner, mais aujourd’hui, c’est une autre compétition qui commence. Quoi qu’il ait pu se passer durant la saison régulière, c’est le moment de vérité. Le but de cette fin de saison a été très clair : ne pas se blesser, rester frais et monter en puissance pour le début des hostilités. L’heure n’est donc plus à établir des records de victoires (2015-16 : 73-9, battant celui des Bulls de 1995-96, ndlr) mais bien au titre, seulement le titre ! Le diesel est déjà bien rodé depuis plusieurs saisons. A Oakland, on sait aujourd’hui comment gérer la saison et être prêt au moment opportun. Habitués aux Playoffs depuis 2013, l’objectif est on ne peut plus simple. Aller au bout et remporter le 6ème titre de la carrière de la franchise (1947 et 1956 sous le nom des Warriors de Philadelphie puis 1975, 2015, 2016 et 2017 à Golden State).
Au fond, on sait ce qui motive les Warriors. Si ce n’est l’odeur du sang qui les transcende, la Dub Nation a déjà enclenché le mode « three-peat* challenge ». En effet, loin derrière les 8 titres de rang des Boston Celtics de 1959 à 1966, rares sont les équipes à avoir gagné trois trophées consécutifs : les Lakers de Mineapolis (1952, 1953, 1954), les Chicago Bulls (1991, 1993 et 1993 puis 1996, 1997, 1998), et les derniers en dates, les Los Angeles Lakers en 2000, 2001 et 2002. Il n’est donc pas inconcevable de voir Golden State vouloir encore une fois flirter avec l’histoire. En 4 ans, la Dub Nation est systématiquement allée en finale, seulement battue en 2016 par les Cavaliers de LeBron James. Il faut rappeler que depuis 2013, Golden State en Playoffs, c’est 72 victoires pour 24 défaites (5 défaites en 2018 et 1 seule en 2017). Une machine à gagner !

2000, 2001, 2002, le dernier three-peat d’une équipe NBA réalisé par les Los Angeles Lakers.

Houston en parfait contender

Les chiffres sont là et jouent indéniablement en faveur des Warriors. Mais depuis quatre ans, un sérieux concurrent a fait son apparition, Houston. Tout d’abord en 2015 où les Rockets se sont largement inclinés 4-1 en finale de conférence. Puis la saison dernière, les Texans poussant les Californiens à un Game 7 au Toyota Center. Cette année, Harden a tout simplement été irréel (36,1 points, 6,6 rebonds et 7,5 passes). On ne reviendra pas sur le nombre de tentatives, les marcher, les faveurs du corps arbitral, on laisse ça aux haters. Le type a quand même planté au moins 30 pions à chaque équipes de la ligue. Les stats, c’est bien, les titres, c’est mieux. Le barbu en a pleinement conscience et ne cherche aujourd’hui qu’une chose : acquérir sa première bague et asseoir son règne sur la ligue. Deuxième constat, le groupe de Houston est-il arrivé à maturité ? D’expérience, on sait qu’un joueur n’a jamais réussi à gagner des titres seul. Pour cela, la Team Rocket** va devoir s’unir pour pouvoir emprisonner les Pokemon d’Oakland. L’apport de Chris Paul, revenu de sa blessure aux ischios-jambiers (la même qui l’avait éloigné des deux derniers matchs de finale de conférence contre Golden State l’an dernier) devrait être un précieux allié pour seconder Harden au scoring. Les lieutenants du barbu sont également présents : P.J Tucker, le two way player*** capable tout aussi bien de sortir de grosses phases défensives que de dégainer de loin ; Eric Gordon, l’arrière polyvalent et la tour de contrôle Clint Capella. La profondeur de banc devra, elle aussi, jouer un rôle si les Rockets veulent s’en sortir. Austin Rivers, Iman Shumpert Kenneth Faried, Gerald Green ou encore Néné.
Pour sûr, Houston aura une carte à jouer et aura à cœur de prendre sa revanche pour connaître leur première Finals depuis 1995 et un certain Hakeem Olajuwon…

Golden State a d’hors et déjà activée le mode guerrier. Et elle n’est jamais aussi jamais aussi dangereuse que lorsque arrivent les Playoffs. Telle une tauromachie savamment orchestrée, les Warriors ne se priveront pas de mettre à mort chaque équipe qui se mettra en travers de son chemin. Garder le pouvoir et entrer dans l’histoire, voilà le nouveau chapitre de Curry et sa bande.

* Three-peat : Fait de remporter 3 fois consécutivement le titre (back to back = 2 fois).
** Team Rocket : Pour les amateurs de Pokemon, c’est une organisation qui s’est donnée pour but la domination du monde.
*** Two way player : Joueur qui a un impact très important aussi bien en attaque qu’en défense.

Mathieu Berujeau

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