Ici en présence de son mentor coach Pop,Tony Parker va laisser un grand vide dans le cœur des Texans

Une page se tourne pour Tony Parker. Après dix-sept ans de bons et loyaux services à San Antonio et 4 titres NBA, l’emblématique meneur français a décidé de rejoindre les Hornets pour deux ans et 10 millions de Dollars.

La NBA navigue en ce moment dans des eaux tumultueuses. Difficile de croire que Tony Parker ait fait le choix de quitter San Antonio. Et pourtant. S’il se dit impatient de jouer pour son idole Michael Jordan (propriétaire des Charlotte Hornets), il rejoint notamment James Borego (qu’il a connu à San Antonio en tant qu’assistant) ainsi que son ex-coéquiper en Equipe de France Nicolas Batum. Le numéro 9 des Spurs quitte une franchise qu’il l’aura vu grandir depuis 2001, un coach légendaire et des fans qui le regrettent déjà.

« Ça n’a pas été une décision facile à prendre. J’ai vraiment hésité, c’est pour cela que j’ai pris mon temps. Tout le monde connaît mon amour pour les Spurs, mon club. Mais je suis excité aussi par ce nouveau challenge avec Charlotte » confiait-il au journal L’Equipe.

Rassurez vous, T.P n’a pas le bourdon. A la fois ému de quitter « sa famille » et motivé à l’idée d’écrire de nouvelles lignes à Charlotte, le célèbre meneur de 36 ans reste lucide. Tony Parker a tout connu avec les San Antonio Spurs. Quatre bagues et en prime un trophée de MVP des Finals 2007. Lui qui fut le premier Français à remporter un titre NBA est devenu au fil des années un meneur référencé et respecté. Pour preuve, il est devenu le meilleur passeur de l’histoire des Spurs avec 6829 passes en carrière. Ce club légendaire dans lequel il aura contribué à forger sa propre légende. Sous la houlette de Gregg Popovich avec qui il entretient une relation si particulière. Dans la foulée, coach Pop a publié un communiqué plein d’émotion : « Il est difficile de mettre des mots sur l’importance de Tony Parker pour les Spurs sur les deux dernières décennies. Depuis son premier match en 2001, à l’âge de 19 ans, TP nous a impressionnés et inspirés, jour après jour, match après match, saison après saison, avec sa passion, son dévouement et son envie. Nous remercions Tony pour ces 17 années pleines de superbes souvenirs. Et si les quatre titres, les six All-Star Games et les quatre sélections All-NBA illuminent son CV, ma plus grande joie est de l’avoir vu grandir sous mes yeux. Il va manquer à tous les membres des Spurs et nous lui souhaitons, à lui et sa famille, le meilleur alors qu’il continue sa remarquable carrière à Charlotte » avouait-il sur le site de la NBA.
Pour San Antonio, le plus dur est maintenant à venir. On ne sait pas encore si Manu Ginobili va prolonger et l’affaire Kawhi Leonard dérange. Le cas devenant très suspect depuis sa blessure. Pas si étonnant que T.P ait décidé d’aller voir ailleurs.

Un dernier défi

A première vue, on peut se demander ce qui a poussé Tony Parker à s’installer à Charlotte. Tout d’abord, l’élément Nicolas Batum a son importance. Ex-coéquipier en Bleu et partenaire dans le projet du club de l’ASVEL, le duo français avait déjà fait des étincelles en équipe nationale. James Borrego n’est pas non plus un inconnu. Il était l’assistant de Gregg Popovich à San Antonio. Les choses sont désormais plus claires. Enfin, Michael Jordan, pour qui le français vouait un culte depuis son enfance. C’est désormais chose faite, Tony bossera avec Mike, elle est pas belle la vie ?
Vu du parquet, Tony était de moins en moins utilisé dans la rotation de coach Pop avec 19,5 min de jeu, 7,7 points et 3,5 passes cette saison. L’ancien meneur de l’Equipe de France aux 181 sélections manquait de temps de jeu et de responsabilités sur le terrain. S’il se cantonnait à un rôle (certes primordial) de leader, cela n’était plus suffisant. Un statut qu’il devra assumer dès son arrivée à Charlotte. Back up du dragster Kemba Walker, Tony Parker jouera tout d’abord son rôle de vétéran, tant pour lui qu’au sein de sa nouvelle équipe. D’autant plus que les deux hommes ont un jeu diamétralement opposé. Le Français peut ainsi compléter la panoplie de son meneur titulaire, le rendre meilleur et ainsi faire progresser une franchise en mal de reconnaissance.

Toute aventure a une fin. L’un des derniers emblèmes de San Antonio s’en va, après le départ de Tim Duncan en 2016. Les Spurs ne perdent pas seulement un fidèle soldat. Ils perdent également une partie de leur identité, celle qui a forgé de nombreux champions NBA. Le défi est de taille pour Tony. Exempts des Playoffs 2018, les Hornets sont allés chercher un meneur d’expérience qui sort d’une belle histoire d’amour. Espérons que la rupture soit digérée dès octobre.

Mathieu Berujeau

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