Dans le monde du tennis, on a l’habitude de voir éclore de jeunes talents qui représentent les athlètes de demain. Dans ce contexte, l’ascension de Stéfanos Tsitsipas pourrait ne pas surprendre. Mais un détail vient retenir l’attention de nombreux observateurs : sa nationalité. Le récent finaliste du tournoi de Monte-Carlo appartient à un pays absent jusqu’à présent du top 100 mondial. La Grèce. C’est cette particularité qui marque toute la singularité du début de carrière de Tsitsipas. 

Mais où en est le tennis grec ?

Alors que la Grèce est l’organisatrice des premiers Jeux Olympiques modernes en 1896 et qu’elle présente de belles équipes dans de nombreux sports (basket-ball, volley-ball, football…), le tennis est curieusement une discipline moribonde dans le paysage hellène. Le tournoi ATP d’Athènes a été organisé sur terre battue jusqu’en 1994 mais a ensuite disparu de la circulation. Les faibles moyens financiers accordés à la formation n’ont pas permis de créer des structures adaptées à la progression des jeunes joueurs ni d’embaucher un encadrement de qualité.

Actuellement, la plus grande compétition de tennis organisée en Grèce n’est autre que le tournoi Future d’Héraklion. Autre facteur qui n’a pas facilité l’éclosion de talents grecques, les vagues d’immigrations du début des années 199 et celles de 1960-70. Il existe en effet une forte communauté hellénique à Melbourne, en Australie, qui a fait émerger plusieurs joueurs de tennis de haut-niveau comme Mark Philippoussis, Nick Kyrgios ou Thanasi Kokkinakis. Cela va-t-il changer avec l’éclosion de Stéfanos Tsitsipas ?

La montée en puissance de Tsitsipas

Car s’il y a bien une personne qui peut incarner le renouveau du tennis grec, c’est bien lui. Né le 12 août 1998 à Athènes, le jeune homme de 19 ans n’est pas un inconnu des observateurs du tennis chez les jeunes, avec notamment deux finales à l’Orange Bowl en 2014 et 2015. Depuis ses débuts professionnels en 2015, le gaillard d’1m91 a remporté cinq victoires en simple sur les tournois Future et six victoires en double. Il atteint sa première finale sur le circuit Challenger en septembre 2017.

Tsitsipas fait véritablement parler de lui après son très beau parcours lors du tournoi d’Anvers où il a fait chuter Cuevas, Karlovic ou encore Goffin pour se hisser en demi-finale. Grâce à cette performance, il devient le premier joueur de tennis grec à rentrer dans le top 100 mondial. S’en suit une victoire face à Khachanov au Masters de Shanghaï puis deux quarts de finale, à Doha et à Dubaï.

Sa plus belle performance reste, pour le moment, sa finale lors du Masters de Monte-Carlo Durant cette compétition, il a su faire chuter des adversaires de renom à l’image de Thiem. Toutefois, la fougue n’aura pas suffi à faire chuter le maître des lieux, Rafael Nadal (6-2/6-1). Qu’importe. Là n’est pas le plus important. Premier finaliste grec sur le circuit ATP depuis Kalogeropoulos en 1973, Tsitsipas se console avec une très belle 40ème place mondiale début mai. 

Alors même s’il n’a pas vraiment confirmé depuis (demi-finale à Estoril, élimination au premier tour à Madrid), nous n’avons sans doute pas fini d’entendre parler de ce jeune talent du tennis mondial qui pourrait redorer le blason du tennis grec.

Nicolas Inizan

 

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