Alors que la France a vécu au rythme des matchs de la Coupe du monde féminine voir de l’Euro Espoirs, un autre grand événement se profile à l’horizon. Après la traditionnelle semaine de préparation pour les acteurs principaux du circuit (ou la plupart) le tournoi de Wimbledon est prêt à ouvrir ses portes. Si émettre un tel jugement est évidemment en partie subjectif, le tournoi londonien est certainement le plus prestigieux parmi les Grand Chelem. Sa longévité record ainsi que le poids de ses traditions en font véritablement une compétition à part dans la saison de tennis chaque année.

Big Three

On commence ce tour d’horizon par le numéro 1 mondial et tenant du titre, Novak Djokovic. Le serbe sera particulièrement attendu sur le tournoi qui aura symbolisé son retour au premier plan la saison dernière. Touché dans son orgueil après sa défaite contre le surprenant Italien Cecchinato, Nole était arrivé plus déterminé que jamais à Wimbledon pour soulever le trophée en battant au passage, son grand rival Rafael Nadal au terme d’une demi-finale d’anthologie. Si cette année le serbe se présentera avec l’étiquette de favori, l’hypothèse d’un nouveau sursaut d’orgueil n’est pas à écarter. Triomphal vainqueur de l’Open d’Australie en début d’année le natif de Belgrade n’a pas réussi à concurrencer “Rafa” pendant la saison sur terre comme on pouvait l’escompter. Arrivé à Roland Garros avec pour ambition de réaliser un 2nd “Djoko-Slam” (gagner les 4 Grand Chelem sur 2 saisons), Novak sera sorti par Dominic Thiem au terme d’un match en 5 sets sur 2 jours. Pas verni par la météo durant tout le tournoi, le serbe particulièrement agacé par le vent et la pluie durant la rencontre, passera à côté de sa demi-finale. Si une défaite contre l’Autrichien est certainement plus facile à accepter que sa défaite de l’année dernière, le sentiment de ne pas avoir pu produire son meilleur niveau a certainement été mal vécu par le numéro mondial. De par son statut actuel et son passé avec le tournoi, Novak Djokovic a de réelles chances de conserver son titre, et cela, malgré son étonnante impasse au tournoi du Queen’s.

Au registre des impasses, on retrouve aussi son grand rival et numéro deux mondial Rafael Nadal. Vainqueur à la “surprise générale” de Roland Garros pour la 12e fois seulement, l’espagnol porté par ce succès totalement inattendu peut nourrir des ambitions avant d’arriver sur le gazon. Ironie mise à part, Rafa a comme depuis le début de sa carrière pulvérisé la concurrence à Paris. Un 18ème succès qui le place à seulement 2 longueurs dans le rétroviseur de Roger Federer. Si on peut imaginer que la domination de Rafa en terres parisiennes devrait lui permettre à l’usure de dépasser le Suisse, une victoire de l’espagnol dans un autre Grand Chelem serait néanmoins la bienvenue. A priori le gazon londonien représente sa moins bonne chance de réaliser une telle performance. En effet, le Majorquin n’a plus atteint la finale londonienne depuis près de 10 ans. Ce serait cependant un blasphème que d’écarter totalement les chances d’un tel compétiteur, vainqueur à 2 reprises du tournoi (2008 et 2010). Son parcours de la saison dernière constitue aussi une nouvelle preuve de la compétitivité de l’Espagnol sur gazon. Auteur d’un combat titanesque en 1/4 de finale face à l’épouvantail Jean Martin de la Poutre, Nadal s’est incliné le tour suivant les armes à la main, après un combat homérique de plus de 5 h face à Novak Djokovic. Si son physique l’épargne, le “taureau de Monacor” est et restera toujours un formidable opposant sur toutes les surfaces.

Enfin, on termine ce tour des cadors avec le numéro 3 mondial, mais qui sera bien tête de série numéro 2, Roger Federer. Cette petite “anomalie” qui a fait polémique trouve son origine dans le règlement spécifique de Wimbledon qui accorde une plus-value aux résultats sur gazon. Une spécificité qui fait donc les affaires du Bâlois, présent et vainqueur pour la 10e fois du tournoi de Halle la semaine dernière. Pour l’anecdote, on soulignera que Roger rejoint Rafa dans le cercle très fermé des joueurs ayant gagné 10 fois ou plus un tournoi sur le circuit. Une nouvelle preuve si nécessaire de la longévité et du niveau de performance hors-norme de ces 2 hommes. Ce succès en Allemagne pose également Federer en co-favori du tournoi en compagnie du numéro 1 mondial. Si le Suisse n’a pas affiché un niveau de jeu toujours extraordinaire durant la semaine (ex : Tsonga ou Bautista) ce titre lui permet de perpétuer une dynamique positive amorcée par son Roland Garros. De retour après plusieurs années d’absences sur la terre parisienne, le maestro a excédé les attentes en atteignant les demi-finales. Toujours très à l’aise à Londres, l’octuple vainqueur va certainement vouloir se racheter après une édition 2018 décevante. Déjà favori la saison dernière le Suisse s’était fait surprendre par le géant sud-africain Kevin Anderson en 5 sets. Un profil de grand serveur toujours dangereux sur la surface, mais qui réussit habituellement plutôt bien à Federer. Pour que la thèse de l’accident soit validée, une performance de taille est donc exigée.

Someone else ?

On le sait depuis plusieurs années, les Grands chelems chez les hommes sont des propriétés privées où les exceptions se font aussi rares qu’une goutte de pluie en temps de canicule. Il est d’ailleurs une nouvelle fois très probable qu’un des 3 hommes cités plus haut soulève le trophée le 14 juillet prochain. Cependant, il ne faut pas insulter le sport et même si les vainqueurs sont souvent les mêmes des joueurs tels que Marin Cillic, Kevin Anderson ou Dominic Thiem ont approché le Graal ces dernières années. Les 2 premiers ont brillé ces dernières saisons à Wimbledon et malgré des premières moitiés de saison poussives, ils ont le service et la puissance pour briller à nouveau. Si l’Autrichien finaliste pour la 2e fois porte d’Auteuil brille principalement sur terre il a également la puissance au service et en coup droit pour être compétitif sur le billard. Enfin, on terminera ce petit tour d’horizon 2019 de Wimbledon avec 3 joueurs qui n’ont rien a envié aux joueurs cités précédemment mais qui paradoxalement ont encore plus à prouver. On pense évidemment au trio Tsitsipas, Zverev et Nick Kyrgios censés représenter la relève du tennis mondial. Si ces 3 joueurs ont déjà prouvé l’étendu de leurs talents de manière épisodique, c’est bien dans ce  type d’événements qu’ils sont attendus. Si la clémence est encore de mise pour le Grec (demi-finaliste à Melbourne et 1/8e à Roland Garros), la situation est plus préoccupante pour les 2 autres. Présent sur le circuit depuis déjà plusieurs saisons ils se sont déjà offert le scalp de tous les cadors mondiaux mais donnent souvent l’impression de se battre contre eux-mêmes en Grand Chelem. Le hasard du tirage devrait d’ailleurs permettre de voir où se situe le fantasque Australien qui pourrait retrouver Rafael Nadal (qu’il a récemment fustigé avec Novak Djokovic) au 2e tour.

Du côté de Sport’s House on l’espère de tout cœur, car on tiendrait certainement un des matchs de la quinzaine.

Nicolas Herrmann

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